Disparition de 8 espèces d’oiseaux en une décennie

Article traduit de The Guardian

Selon une étude récente sur les espèces d’oiseaux en danger, la plupart de ces extinctions ont été provoquées par la déforestation en Amérique du Sud.

L’Ara de Spix, perroquet bleu originaire du Brésil et personnage principal du film d’animation Rio, s’est récemment éteint à l’état sauvage, selon une nouvelle étude sur les oiseaux en danger.

D’après une nouvelle analyse statistique réalisée par BirdLife International, le Ara de Spix fait partie des 8 oiseaux (avec le Po-o-uli, la Chevêchette des Moore et l’Anabate cryptique) pouvant être ajouté à la liste grandissante des espèces disparues dans la nature.

Historiquement, la plupart des disparitions d’oiseaux concernaient des spécimens de petites îles, vulnérables à la chasse et aux espèces envahissantes. Cependant, d’après les scientifiques, cinq de ces nouvelles extinctions ont eu lieu en Amérique du Sud et sont dues à la déforestation.

Stuart Butchart, scientifique en chef de BirdLife International, a déclaré que la nouvelle étude mettait en évidence le fait qu’une crise d’extinction avaient maintenant lieu à cause de la destruction de l’habitat de la faune au profit de celui de l’Homme.

« Quand les gens pensent « extinctions d’oiseaux » ils pensent au dodo mais notre analyse montre que les extinctions se poursuivent et s’accélèrent aujourd’hui », a-t-il déclaré. « Historiquement, 90% des extinctions d’oiseaux concernaient de petites populations sur des îles éloignées. Nos informations montrent qu’il y a une vague croissante de disparitions d’oiseaux, provoquée par la perte de leur habitat due à une agriculture non durable, au drainage au sol et à la déforestation. »

Selon une évaluation récente, plus de 26000 espèces à travers le monde sont maintenant menacées et placées sur « liste rouge ». Des scientifiques avertissent que l’humanité vit sa 6eme plus grande extinction.

Quatre des huit disparitions d’oiseaux nouvellement identifiées ont eu lieu au Brésil, qui abritait autrefois l’Ara de Spix. Ce dernier a été mis en cage et commercialisé pendant 150 ans avant de trouver 3 spécimens à l’état sauvage en 1985, dans une forêt brésilienne. Deux d’entre eux ont été illégalement capturés pour le commerce des animaux de compagnie et les tentatives de reproduction avec le dernier mâle existant ont été infructueuses. Il se peut que le spécimen observé en 2016 dans la nature soit en réalité un ara domestiqué qui se serait échappé, laissant penser que le dernier spécimen connu à en fait été aperçu en 2000.

Alors que des Aras de Spix en captivité sont élevés pour être réintroduits dans des forêts replantées, il n’y a aucune autre chance pour le Po-o-uli, l’Anabate cryptique et l’Anabate d’Alagoas : ils ont disparu du ciel pour toujours.

 

 

Selon la nouvelle analyse, publiée dans la revue scientifique Biological Conservation, l’Anabate d’Alagoas, un petit oiseau roux vivant dans la forêt et se nourrissant d’invertébrés a disparu en 2011 d’une zone fortement exploitée par l’Homme au Brésil.

L’Anabate cryptique n’a été découvert que dans deux parcelles de forêt de Murici, dans le nord-est du Brésil, en 2002, mais n’a pas été vu depuis 2007 après que les arbres de ces forêts aient été abattus pour laisser place à des plantations de sucre de canne et à des pâturages.

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Le Po-o-uli, se trouvait sur l’île de Maui, à Hawaï, mais a été observé pour la dernière fois en 2004. Les tentatives de reproduction de cet animal en captivité ont échoué.

L’étude de BirdLife International a évalué que 51 espèces étaient jugées « en danger critique » d’après la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Cette étude est basée sur une nouvelle méthode de statistique pour analyser et évaluer les efforts de recherche et la validité des espèces en voie d’extinction.

Cette étude a permis de trouver une espèce « moins » menacée que ce qu’on craignait et a recommandé de supprimer de la classification « probablement éteinte » l’Acrocephalus longirostris de Nouvelle-Calédonie. Parmi les huit espèces à classer comme étant disparues, quatre sont « gravement menacées d’extinction (probablement éteintes) ».

Cela inclut l’Ara glauque, vivant autrefois en Argentine, en Uruguay et au Brésil, avant que le défrichage de son habitat de palmeraie, au profit de l’agriculture, ne réduise ses semblables à une seule population au Paraguay.

 

Une autre espèce touchée est la Chevêchette des Moore, une chouette de 15 cm de haut qui mange des insectes et qui n’a pas été vue depuis 2002 dans l’État de Pernambouc, fédéré par le Brésil, car une grande partie de son habitat a été détruite par l’exploitation forestière illégale.

Des études précises sur le moment exact d’extinction sont difficiles à faire car de nombreuses espèces sont insaisissables mais, selon M. Butchart, la classification « probablement éteinte » est un jugement à prendre avec beaucoup de précaution car cela signifie « quasi certainement » que l’espèce a disparu.

Butchart a dit qu’il était important de ne pas déclarer prématurément un oiseau éteint, car l’abandon des efforts pour sa conservation pourrait accélérer sa disparition. Toutefois des évaluations précises d’extinction étaient essentielles à l’efficacité du travail de conservation. « Nous avons des ressources de conservation limitées, nous devons donc les dépenser judicieusement et efficacement. Si certaines de ces espèces ont disparu, nous devons utiliser ces ressources pour les espèces existantes. »

« Évidemment, il est trop tard pour aider certaines de ces espèces emblématiques, mais comme nous connaissons les oiseaux mieux que toute autre classification d’animaux, nous savons quelles autres espèces sont les plus en danger. Nous espérons que cette étude inspirera un redoublement d’efforts pour empêcher d’autres extinctions. »

Source : https://www.theguardian.com/environment/2018/sep/04/first-eight-bird-extinctions-of-the-21st-century-confirmed?CMP=twt_gu

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