Depuis que Simon Valle de l’Université de Bangor et Nat Annorbah ont terminé leur doctorat sur les Gris du Gabon à l’Université de Manchester, nous sommes impatients de travailler sur cette étonnante espèce en difficulté. L’occasion s’est présentée à nous grâce à une subvention envoyée par une toute nouvelle organisation caritative française pour la protection et la conservation des perroquets, la Parrot Wildlife Foundation, dirigée par Eric Vignot. Stu avait passé une semaine début mars avec Eric dans des réserves naturelles en République Dominicaine, donnant le coup d’envoi de la thèse d’Andrea Thomen sur les perroquets de cette île.

Il est maintenant temps d’entrer dans le vif du sujet.

Ce projet comprend deux points principaux : un atelier sur la surveillance du gris du Timneh et une étude de ce perroquet dans le parc national de Sierra Leone, le Gola Rainforest National Park (GRNP). Cet article traite le sujet de la surveillance avec quelques pistes de réflexions sur la façon dont les Gris du Timneh peuvent être contrôlés efficacement, à moyen et long terme dans leur aire de répartition.

Un cours de trois jours a eu lieu à la station de recherche de la GRNP à Lalehun. Les participants à l’atelier représentaient plusieurs institutions et organisations œuvrant pour la conservation en Sierra Leone : la Société de Conservation de Sierra Leone, l’Autorité Nationale des Aires Protégées, les étudiants et professeurs de l’Université de Njala et de l’Eastern Polytechnic, ainsi que du personnel du Gola Rainforest. Mustapha Songe, guide touristique d’une communauté située à la frontière du parc national, était également présent. Le but était de faire découvrir aux représentants l’écologie et la détresse du Timneh, de les former à une méthode simple pour surveiller les perroquets, tâche qui peut être accomplie dans l’exercice de leurs fonctions. Il s’agit aussi de parler de la mise en place d’un programme de surveillance dans tout le Sierra Leone.

La méthode elle-même se base sur un article que nous avons publié en 2015 dans le magazine Oryx. Nous avons identifié une relation entre le nombre de Gris du Gabon estimé à l’aide de « Distance sampling » ou « échantillonnage » (méthode qui permet d’obtenir une estimation de l’effectif d’une espèce animale sur de grandes zones géographiques) et une méthode de taux de rencontre « en direct » qui se base sur le nombre de perroquets observés ou entendus durant les déplacements des chercheurs.

Le cours était composé de beaucoup de travaux pratiques sur le terrain et de beaucoup de discussions. Il s’agissait surtout de feedbacks sur l’adaptation de la méthode à cet environnement. Nous étions tous ravis de voir un taux d’intérêt et de compréhension élevé parmi les participants (car très peu d’entre eux avaient des connaissances en biologie), ainsi que de l’enthousiasme à l’idée de mettre en place un programme de surveillance des perroquets à l’échelle du pays. En effet, la surveillance du Gris du Timneh est à l’ordre du jour à Gola, et nous espérons que ce soit aussi le cas ailleurs. Simon se rendra à l’Autorité Nationale des Aires Protégées de Freetown pour parler des possibilités d’autres aires protégées.

Ce cours n’est que le début de notre travail à Gola. Simon va passer cinq semaines sur le terrain, au parc national, afin d’estimer le nombre de perroquets qui s’y trouvent et de connaître leurs besoins.

La première étape de cette passionnante aventure a été de consulter des rapports sur un grand perroquet perché dans une forêt communautaire près de Gola avec Patrick Dauda du Département de recherche et de surveillance du parc. Nous n’avons pas pu voir de perroquet dans ce qui semble être une zone de repos « flexible », mais nous espérons que Simon et Patrick seront en mesure de retourner sur place pour estimer le nombre de perroquets présents dans la région.

Texte original: http://stuartmarsden.blogspot.com/2018/03/spotlight-on-timneh-parrot.html

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