Les perroquets tropicaux d’Amérique Latine sont en déclin à cause de l’activité humaine, selon une étude scientifique publiée dans le magazine Biological Conservation par une équipe internationale à laquelle participe Juan Carlos Guix de l’Université de Barcelone.

La capture pour le trafic local et international et la perte de leur milieu naturel sont les principales actions qui menacent ces oiseaux tropicaux de l’ordre des psittaciformes, selon l’article dirigé par les experts Igor Berkunsky, de l’Université nationale du Centre de la province de Buenos Aires (Argentine) et Juan Masello de l’Université Justus Liebig (Allemagne). 101 experts de 76 institutions et organisations non gouvernementales travaillent ensemble pour déterminer les principales menaces de 192 membres de 96 espèces de perroquets d’Amérique Latine dans 21 pays. 

Le trafic de NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie) est l’une des principales menaces à la conservation des perroquets sauvages. De 1980 à 1990, des millions d’individus ont été capturés en Amérique Latine et exportés aux Etats-Unis, en Europe et en Asie. Cette extraction intensive de perroquets a pu causer le déclin et l’extinction locale de beaucoup d’espèces, comme cela pourrait être le cas pour le Ara de Spix.

En Afrique, le trafic de gris du Gabon a joué un rôle principal dans sa disparition au Ghana et dans d’autres régions d’Afrique.

Actuellement au Brésil, les espèces les plus menacées sont le Ara de Spix (Cyanopsitta Spixxii) et l’Amazone à joues bleues (Amazona brasiliensis).  Des espèces comme la Conure soleil (Aratinga solstitialis) et le Toui à dos noir (Touit melanonotus) deviennent vulnérables à cause de la réduction du nombre de leurs semblables.

Dans le monde de la protection animale, la loi sur la conservation des oiseaux sauvages (Wild Bird Conservation Act, 1992) lancée par les Etats-Unis et l’interdiction du trafic des oiseaux sauvages par l’Union Européenne en 2007 ont contribué à réduire le trafic international en grande pompe.

Toutefois, l’Amérique du Sud, l’Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient continuent de jouer un rôle principal dans le trafic légal et illégal de ces animaux.

Certains pays d’Amérique Latine ont renforcé leur législation pour protéger les perroquets sauvages, comme c’est le cas au Mexique et au Nicaragua. Cependant, en Bolivie, au Brésil, au Mexique et au Pérou il y a encore un niveau préoccupant de trafic d’espèces.

Quand l’habitat naturel disparaît

L’agriculture, la déforestation et les autres activités humaines ont altéré le milieu naturel de ces espèces, qui se voient attaquées par en moyenne 10 types de menaces différentes.

Cette situation met en danger 38% de la population des psittaciformes d’Amérique Latine, mais les experts alertent que la réalité pourrait être encore pire de ce qui a été évalué.

Comme l’explique Juan Carlos Guix, « il serait nécessaire de promouvoir des actions visant à protéger efficacement les espèces menacées et leur habitat. »

En parallèle, « des programmes sociaux et éducatifs avec les habitants devraient être mis en place. Quant au suivi et au contrôle du commerce illégal, ils devraient bénéficier de plus de ressources. »

La nouvelle étude, publiée dans la revue Biological Conservation, est alimentée par le Groupe de travail sur les Psittaciformes de l’Union internationale des ornithologues, qui comprend plus de deux cents spécialistes du monde entier.

La PWLF agit déjà au Costa Rica et au Brésil en soutenant financièrement des organismes locaux pour la sauvegarde des espèces menacées. Grâce à nos donateurs, nous pouvons mener à bien nos actions et protéger les perroquets en danger d’extinction.

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